Il était une fois, l’Équipe de France Overwatch 2019,

Parmi elle, un tranquillisant qui traverse les plus dangereux périls,

L’homme qui aime quand il y a de la déglingue et que tout ne tienne qu’à un fil,

C’est Damien “HyP” Souville

 Source : Paris Eternal

Nous sommes le 21 septembre 2018 à La Défense, Paris. Des titans s’effondraient aux portes de la victoire. Tandis que ces derniers tombèrent à genoux, incapables de terrasser la chèvre adverse, l’aigle prit son envol. Les nouveaux rois de l’Europe, acclamés par une foule en délire, prirent le temps de bien profiter du moment, en laissant leur histoire se raconter d’elle même. Des péripéties les plus sombres aux plus éclatantes aventures, Eagle Gaming a fait son chemin, jusqu’à son dénouement, au sommet de l’Europe.

 

L’un des protagonistes de ce récit, c’était HyP

 

Né le 7 février 1996 à Poitiers, le parcours scolaire de HyP était relativement standard. HyP s’intéressa rapidement au sport. Passionné de kayak dès son plus jeune âge, il participa à des entraînements quotidiens réguliers. Damien eut un succès notable en finissant notamment troisième au championnat de France de kayak par équipe (junior), sa première performance majeure. Malheureusement, cela ne dura pas.

Pendant ses années lycées, des problèmes de santé venaient causer du tort au quotidien de HyP. Au point qu’il ne puisse plus venir en cours de manière régulière et qu’il arrête le lycée ainsi que la compétition en kayak. Cette période difficile arriva ainsi très tôt ce qui aurait pu être dévastateur. Mais HyP continua à vivre sa vie, d’une autre manière. N’ayant plus la possibilité de sortir aussi souvent qu’avant, c’est dans les jeux vidéo qu’il se réfugiait notamment pour passer le temps. Ce passe temps est devenu un potentiel axe vers un bel avenir. D’abord sur Counter-Strike 1.6, il consacra ensuite son temps à Shootmania, jeu très prisé par ses amis de l’époque.

Niveau FPS, Shootmania et son mode Elite en un contre trois était l’un des plus prisés de l’époque et fut donc la première expérience de HyP sur un jeu vidéo compétitif. Aux côtés de son ami d’enfance Apoka, ils prirent part à de nombreuses compétitions. Sa première LAN par contre se fit sans lui. La Paris Games Week 2012 se termina tôt pour Damien et ses coéquipiers, mais le gain en expérience était notable, surtout que son équipe avait joué contre l’équipe des frères Bignet, parmi les meilleurs sur ShootMania en ce temps.

Les LAN s’enchaînaient et HyP se faisait une place sur la scène compétitive du jeu. Son premier vrai résultat était un top 3 en LAN à Prague. La première place de cet événement avait été prise par une équipe composée de SoOn, Raidouk et moonL. Après un petit passage chez pyrogen avec uNKOE et une Gamers Assembly de plus, HyP arrêtait ShootMania par manque d’envie de s’investir sur le jeu de Nadeo. Après cette annonce, il fut approché par moonL pour former Bambi Thunder et continua à faire de la compétition mais sans pression, sans trop s’entraîner, tout en continuant à faire de bonnes performances. Peu après, l’aventure Shootmania prit fin définitivement et HyP se remit sur Counter Strike, version Global Offensive.

Une nouvelle période malheureuse pour lui : HyP avait moins de temps pour donner tout ce qu’il avait sur le jeu et le fait de ne plus pouvoir faire de compétition l’a rendu malade. Il décida de s’investir beaucoup plus sur CS:GO, de manière bien plus intense qu’auparavant. Entre temps, Overwatch commençait à faire du bruit. HyP testa la bêta fermée et le résultat était sans appel : ce jeu ne lui plaisait pas.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’un jour, Kallenge, un ancien coéquipier de Shootmania lui propose de fonder une équipe sur Overwatch. Moustache and Monocles était né et comptait notamment dans ses rangs Kolsti, un cousin éloigné de Frasken (venant également de Shootmania), qui a récemment coaché Uprising Academy. Sauf que cette fois-ci, le jeu a beaucoup plus plu à Damien : la notion de jeu en équipe l’a attiré et a fait monter en lui cette passion pour ce dernier. Après un certain temps dans cette équipe, diverses personnalités lui proposèrent des tryouts en tant que Flex Support : l’un chez Misfits grâce à SoOn mais qui ne conclut pas sur un recrutement et l’autre chez GamersOrigin dans le cadre du projet de changement de backlane de l’équipe. À la suite de la proposition de Narwak, HyP était devenu le nouveau flex support de GamersOrigin et rejoignait Leaf, futur coéquipier de l’Équipe de France 2019.

Depuis ce jour, HyP devint un joueur flex support, rôle qu’il a gardé toute sa carrière.

Il participa à la Paris Games Week et à la Galloween à leurs côtés et, après un changement de frontlane, fut désigné capitaine de l’équipe. Lors de ce changement il retrouva Kolsti et fit la rencontre de Poko.

Source : GamersOrigin

Dans ce roster se trouvait également daemoN, devenu coach récemment, une expérience et une présence qui aidera HyP à l’avenir. Ainsi, l’itération dominante de GO de 2017 était née et enchaînait les performances, du Montpellier Esport Show à la DreamHack Tours. Leaf quitta l’équipe pour prendre une pause peu avant les Contenders S0, une décision qui attrista HyP puisqu’il avait été excellent à la DreamHack Tours de son point de vue. Narwak fut retiré de l’équipe et deux jeunes DPS rejoignaient la composition : zYKK et DixxyDix. L’équipe finit dernière de son groupe et effectue de nouveaux changements. Hqrdest rejoint l’équipe, Leaf revient dans la composition et PiPou complète la backlane avec HyP. Ce roster finit 5e des Contenders S1 avant de se dissoudre, voyant Poko partir chez Philadelphia Fusion et HyP chez Eagle Gaming.

HyP était le seul joueur à rester titulaire tout le long. Il vécut donc les deux performances de Eagle en Contenders : le top 8 et surtout la victoire en Contenders Europe dont la finale jouée à Paris devant un public en ébullition.

Source : Robert Paul for Blizzard Entertainment

Puis, l’aigle se posa une dernière fois et disparut. La plupart des anciens aigles n’ont pas trouvé d’opportunité en Overwatch League et sont donc repassés en Contenders. Il y avait deux exceptions : NiCoGdh et HyP. daemoN, l’ancien coach de Damien chez GamersOrigin, était le Head Coach de l’équipe de Paris lors de la construction du roster. Sur ce projet 100% européen, sa sélection de flex support était assez simple à faire. Damien Souville se révélait être un choix logique de part ses performances récentes et surtout grâce à l’expérience que le coach français avait avec ce joueur chez GamersOrigin.

 Source : TôMaBYou pour Paris Eternal

La première saison d’Overwatch League de HyP débuta directement à l’étape 1 où il était titulaire aux côtés des trois autres français de la composition : SoOn, BenBest et NiCoGdh. Tout avait commencé sur une victoire dont HyP se souviendra toute sa vie : 3 à 1 face à London Spitifre, le champion en titre de la saison précédente. Paris Eternal venait avec l’avantage (sur le papier) d’avoir été bercée par la région maîtrisant le mieux la 3/3 ou GOATS. Cette maîtrise avait été très utile sur leurs deux premiers matchs, le deuxième étant contre Gladiators aussi remporté 3 à 1. Ce match là d’ailleurs, HyP s’en souviendra également toute sa vie surtout grâce à une action phénoménale en prolongations qui offre une défense troisième point à Paris.

Source : twitch.tv/overwatchleague_fr

Puis le stage le plus compliqué de l’année s’amorça réellement. Des lourdes défaites contre Atlanta et Vancouver suivirent, ainsi qu’une victoire très amère face à Washington Justice. Paris Eternal finissait sa première étape de son existence avec le score de 3 victoires et 4 défaites, un résultat acceptable si on prend en compte les soucis internes auxquels l’équipe devait faire face. À l’arrivée du stage 2, HyP s’est retiré des trials nécessaires à passer pour être titulaire suite à la fatigue et la frustration de la première étape, préférant laisser la place à Greyy. L’équipe était satisfaite de la synergie entre le portugais et le main support anglais Kruise : de ce fait, HyP resta sur le banc pour le reste de la saison, mais non sans être inactif puisqu’il participait à tous les entraînements en tant que soutien stratégique pour Greyy et le reste de l’équipe. Paris Eternal finit finalement à la 14e place. L’évolution de l’équipe avait été ralentie par les soucis internes, causant ainsi une déception finale pour le joueur français par rapport à cette saison 2019.

 Source : Robert Paul for Blizzard Entertainment

Son année 2019 n’est toutefois pas terminée. La Coupe du Monde approche à grand pas. En tant que seul flex support en lice pour l’Équipe de France de cette année, HyP n’eut aucun doute sur sa sélection. D’abord un main tank, rôle qui lui déplut, puis un DPS, HyP se trouva finalement dans le rôle de flex support et trouva surtout le chemin direct vers de la pure déglingue comme on l’aime.

Il rame vers la victoire pour que son travail puisse payer,
La mort violette venant du ciel les fera tous bégayer,
La puissance de ses orbes les fera tous s’incliner,
C’est son histoire.
#avecle6